Discours-Type
pour les Banquets du 21 janvier
Ami.e.s,
Citoyen.ne.s, Compagnons, Camarades,
Je
vous apporte le salut fraternel et sororal de la Fédération
Nationale de la Libre Pensée.
Alors
que règnent pauvreté, inégalités sociales, famine, privilèges
des uns, misère des autres, les paysans, les ouvriers, les artisans
travaillent beaucoup et survivent avec extrêmement peu.
Des
conditions d'existence difficiles qui ne cessent de se détériorer
et un manque total de considération sont ce qui semble être
l’étincelle menant à toutes les révoltes et révolutions
populaires et qui font le terreau de la Révolution qui
démarre en 1789.
Le
21 janvier 1793, Louis Capet dit Louis XVI est
exécuté aux termes de son procès pour trahison. Il
n’avait pas été un tyran comme un autre ; il était
monarque absolu de dRoit divin, et avait hérité de ce statut, dans
un régime depuis longtemps en place.
L’exécution
du Roi, n’est qu’une étape du processus « Révolution
». Elle n’intervient ni en préambule, ni en conclusion. Le Roi
est exécuté, la monarchie succombe, le reste suit son cours.
Et
la monarchie éteinte, c’est tout son système qui peut être aboli
et l’espoir qui peut renaître pour le peuple.
Qu’est-ce
qui réunit les Libres Penseurs aujourd’hui ?
La
Libre Pensée n'est pas une association de commémoration
historique mais elle relie les luttes du passé et du présent pour
l'Émancipation humaine, contre les cléricalismes et les
pouvoirs oppressifs.
On
peut trouver ironique qu’une association dont les membres sont
profondément opposés à la peine de mort se réunisse pour des
banquets en « mémoire » de la décapitation
d’un homme.
Ce
n’est pas la violence qui est célébrée, mais la naissance de la
République, l’affirmation de la souveraineté populaire, et
l’espoir d’un monde plus juste. L’exécution de Louis XVI
est un rappel qu'un changement radical est parfois nécessaire pour
créer un avenir meilleur, en faveur de la démocratie et de la
justice sociale et fondé sur les principes de liberté, d’égalité,
et de fraternité.
En
décapitant la monarchie, on affirme que le pouvoir doit émaner du
Peuple et que chacun, y compris le plus haut placé, est tenu
responsable de ses actes.
Le
peuple a pris la place de Dieu et le Roi a été condamné
comme criminel de droit commun. C’est en quelque sorte la monarchie
de droit divin qui a été envoyée sur l’échafaud. Le 21 janvier
1793, la lame de la guillotine a séparé la loi divine de la loi
humaine. C’est ainsi que la Convention, a mis un terme
définitif au monde où cette séparation était impensable. Cela a
rendu possible toutes les autres séparations, et notamment celle de
la loi de 1905, cela a ouvert la voie à la liberté
politique, la liberté de pensée, et à la conquête des libertés
individuelles.
Enfin,
la classe ouvrière bien que partiellement consciente de ses intérêts
et de son rôle s’est affirmée comme une force politique à part
entière.
Pourquoi
est-ce important tant d’années plus tard ?
Tant
qu’il se trouvera des gens pour croire que l’État leur
appartient, des gens qui penseront que la loi est faite pour les
pauvres, des gens dont les rêves sont les cauchemars du peuple, la
Libre Pensée n’en finira jamais de leur rappeler ce jour
qui ne cesse de les démentir.
En
2026, nous atteignons un point où la démocratie encadrée par la
Vème république n’a jamais autant ressemblé à la
monarchie d’alors.
Certains
députés continuent d’y travailler dur et d’honorer leurs
mandats, pendant que d’autres transforment le parlement en théâtre
de marionnettes et en chambre d’enregistrement des lois
gouvernementales.
Le
pouvoir en place est absolu, fanatisé, sans principes, sans limites,
sans culture et n’a pas d’autre boussole que la destruction
systématique de ce qui reste de cadre républicain, laïque,
démocratique et social dans ce pays.
La
diffamation de ses opposants, le travestissement de la vérité et la
répression sont ses seuls outils. La liste écœurante des scandales
de corruption et de complicité dans les affaires de violences et
violences sexuelles perpétuées dans les établissements
confessionnels notamment, s’accroît de jour en jour.
Le
pouvoir actuel pratique la collaboration avec des régimes fascistes,
génocidaires, piétinant le droit national et international, la
collaboration avec des dirigeants qui pensent que leur pays leur
appartient mais qui pensent également que le monde leur appartient
et qui bafouent à coups d’obus la souveraineté des peuples.
Que
combat-on avec ce symbole ?
Nous
ne sommes pas les seuls à faire usage du passé révolutionnaire.
Certains
n’hésitent pas à transformer l’évocation du passé en
ressource identitaire.
Les
21 janvier sont célébrées des messes en la mémoire du «
Roi, de sa famille et des victimes de la Révolution française
» et y participent royalistes, légitimistes, traditionalistes,
nostalgiques de tout ce que rejette la Libre Pensée.
Même
si l’antagonisme entre les messes et les banquets ne peut se
résumer à un combat entre révolutionnaires et
contre-révolutionnaires, la symbolique de la messe, verticale, la
hiérarchie distinguant le prêtre comme un Roi et les fidèles comme
les sujets ne peut que s’opposer à la symbolique du banquet,
horizontal, tous à la même table dans un moment de partage et de
discussions.
La
caste sacerdotale érigeait en principe politique pour gouverner le
monde la définition du Clergé : Prêtre, Prophète et Roi.
La Révolution française brisait ce principe pour
établir l’Égalité des Citoyens devant la loi. Plus de
Roi, entrainait plus de Prophète et plus de Prêtre. La Révolution
française ouvrait le chemin de la Laïcité et de la
Séparation des Églises et de l’État
La
Macronie et le régime quasi royal, ne respectant rien que l'appât
du gain des capitalistes, sont prêts à manger à tous les râteliers
et les nostalgiques de la Royauté préféreront toujours
l'exclusion, le mépris et la haine au progrès et à la justice
sociale.
Il
se passe rarement une journée sans qu'une nouvelle révolte contre
un gouvernement autoritaire ne se déclenche dans un pays du monde.
La
soif de rupture transcende les frontières, les langues, les cultures
et les habitudes.
Les
peuples exigent un nouveau paradigme dans lequel ils ne seront pas
chair à canon ou chair à patron.
Il
y a peu aux États-Unis, 7 millions de personnes envahissaient les
avenues et scandaient « NO KING ». Le 7
janvier un officier de la police fasciste anti-immigration de Trump
appelée ICE, qui traque et martyrise les migrants, a
assassiné une militante de 37 ans les observant en train d’effectuer
leur dégoûtante besogne. Des centaines de milliers d’Américains
ont repris la rue depuis et dénoncent ce crime et le positionnement
de l’administration Trump.
Les
Iraniens ont également pris possession de l’espace public et
réclament la « mort du dictateur » malgré la
terrible répression.
Si
toutes les révoltes populaires n'ont pas mené leurs participants à
l'émancipation des leurs, nous avons pu constater en revanche
qu'aucun progrès, aucune libération ne se fait avec le consentement
de nos bourreaux.
Pourquoi
se rassembler entre Libres Penseurs et amis ?
Se
réunir, partager et discuter sont des moments importants pour la vie
des fédérations et pour rayonner à l’extérieur de nos groupes.
Faire
le pont entre les luttes passées, luttes présentes et avenirs n’est
pas désuet. Les Banquets « Tête de Veau
» sont un des symboles de la mémoire qui traverse les
époques à travers les générations « et ressurgit de
manière imprévisible, incarnant l’exigence inlassablement
réitérée de justice sociale, de paix, de liberté et de
démocratie ». (Jean Debraine)
La
Libre Pensée appellera à se souvenir du 21 janvier 1793 et
de tous les Banquets ultérieurs qui ont réuni les défenseurs des
libertés démocratiques.
Nos
banquets sont la démonstration du combat libérateur pour une pensée
libre, dégagée du carcan des interdits religieux, des vérités
révélées, des dogmes et aujourd’hui de la propagande balourde
des médias appartenant aux milliardaires réactionnaires.
Ni
dieu, ni maître !
A
bas la Calotte !
Et
vive la Sociale !
(Discours
préparé par Émilie Monsillon)